Accros à l'e-mail

Publié le par Nicolas Pougnet

Dans mon précédent article "E-mail, progrès ou asservissement", je dénoncais l'intrusion des messages électroniques dans notre vie sociale et professionnelle.

Une enquête menée par Symantec et Dynamic Markets auprès de 700 utilisateurs en Europe démontre cette tendance. Voici les résultats:

"Les conclusions sont troublantes :le continent entier est « accro » ! En effet, une personne sur cinq est littéralement « dépendante » du courrier électronique, c'est-à-dire consulte ses messages de manière compulsive et panique dès qu’il n’est pas en mesure de le faire.

Les 4 profils type d’utilisateurs se dégagent de l’étude :

  • Les disciplinés : 49 % des personnes interrogées déclarent être « disciplinées ». Elles se fixent des règles strictes d'utilisation de leur boîte de messagerie et se limitent à un usage professionnel (aux heures de bureau et sur le lieu de travail)
  • Les dépendants : 21 % avouent consulter leur messagerie de manière compulsive et paniquer dès qu'ils ne peuvent y accéder.
  • Les phobiques : Ils sont 10 % à déclarer être « technophobes » quand il est question de messagerie électronique, n’utilisant que les fonctions de base et préférant la communication orale.
  • Les dépassés : 6 % des personnes interrogées se disent bombardées d'e-mails et avouent avoir des difficultés à tout mener de front. Nombre d’e-mails ne sont donc pas lus et les utilisateurs redoutent de consulter leur boîte de réception"...

..."L’avènement de la messagerie électronique mobile paraît également avoir eu un impact sur la journée de travail. 31 % des personnes interrogées utilisent un terminal mobile pour accéder à leur messagerie électronique, 34 % consultant leur messagerie dès leur lever et 30 % avant de se coucher. 72 % des personnes interrogées ont consulté leurs e-mails à l’extérieur de leur lieu de travail et dans un cadre non professionnel, dont 40 % pendant leurs vacances et 38 % durant leurs congés maladie. 65 % des possesseurs de terminaux mobiles l’utilisent à des fins professionnelles alors qu’ils sont en compagnie de leur conjoint(e) et/ou d'amis proches et de leur famille."

Mon passage préféré concerne les règles d'utilisation:

"1. Choisissez bien le moment et le lieu de consultation de vos e-mails.
2. A moins que vous n'attendiez un message urgent, essayez de travailler hors connexion pour effectuer votre travail. Ne vous sentez pas forcé de répondre immédiatement à tous les e-mails reçus
3. Gérez votre boîte de réception. Archivez vos messages après les avoir consultés. Afin de réduire la volume de votre boite de réception, ne conservez que les messages nécessitant une intervention de votre part, lequels représenteront alors une liste des « choses à faire » ou « to do » liste.
4. Dans un monde reposant sur la communication électronique, l’échange verbal est de plus en plus précieux. N'utilisez les e-mails que lorsque vous ne pouvez pas vous entretenir avec votre interlocuteur
5. Pensez bien à la personne qui a réellement besoin de prendre connaissance de votre e-mail, et mettez d’autres personnes en copie si besoin est. Lorsque vous faites partie d’une liste de destinataires d’un message, réfléchissez s’il est vraiment nécessaire de répondre à l’ensemble de la liste de contacts (via l’option « répondre à tous ») ou non."

Je me situerais pour ma part dans la catégorie disciplinée, mais ce qui me rebute le plus est vraiment le tri des mails et la gestion de l'espace disponible. Alors j'ai arrété de passer du temps à trier mes mails puisqu'il est tout aussi difficile de se rappeler dans quel dossier on l'a rangé! Voilà un sacré gain de temps, d'autant que la fonction recherche de Windows sert aussi à celà.

L'article en entier sous http://www.symantec.com/region/fr/press/n051209.html

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stéphe 14/02/2006 15:17

Nicolas, de nombreux chercheurs et experts s'intéressent aujourd'hui aux liens entre NTIC, ou plutôt TIC, et GRH. En particulier, nous réfléchissons aux différents moyens dont disposent les entreprises pour faire travailler plus et mieux leurs salariés via les TIC. Inversement, il s'agit d'étudier dans quelle mesure l'individu peut aussi mieux gérer sa relation à l'organisation. Peut-être les TIC vont-elles contribuer à une emprise plus forte encore de l'organisation sur l'individu (cf. Pagès, de Gaulejac, Bonetti, Descendre, etc.), à un passage de la civilisation de la peine (physique) à la civilisation de la panne et de la peine (physique et mentale) pour reprendre les mots de Lasfargue et à une souffrance accrue au travail (cf. Dejours), ou au contraire, ces TIC ne vont-elles pas favoriser une distanciation de l'individu à son entreprise plus grande et donc, moins de fidélité ? En tous cas, nous sommes au coeur de la relation de l'individu à l'organisation, et ça, c'est passionnant !
Il serait bon d'avoir des références plus précises et scientifiques en la matière. Les enquêtes et rapports de journalistes n'offrent peut-être pas la rigueur des articles de chercheurs...
Stéphe