Convergence (suite)

Publié le par Nicolas Pougnet

Dans un rapport récent, le cabinet d'études britannique Analysis place la France en tête des pays européens à plus fort potentiel sur les offres convergentes.

Ce cabinet estime qu'à horizon 2010, 1 foyer sur 5 qui dispose déja d'une offre de téléphonie mobile, d'un téléphone fixe et d'un accès Internet prendra une offre packagée convergente type quadruple Play (video, Internet, fixe, mobile). Soit environ 2,5 millions de foyers concernés.

Le rapport précise que les offres intégrées permettent de compenser les marchés à faible marge comme la téléphonie fixe qui laissent peu d'espace économique aux petits acteurs comme Club Internet ou AOL.

Ce qui me frappe dans ces chiffres, c'est d'abord que les offres convergentes concernent finalement un marché assez restreint avec une vision plutôt optimiste de la France par rapport aux autres pays.

Ensuite, il est nullement évoqué de création de valeur pour le client mais uniquement de possbilité d'améliorer les marges en augmentant l'ARPU par une superposition de services existants et en diminuant les coûts de fonctionnement des opérateurs intégrés (communication, hotline).

Venant du monde de l'industrie, mon expérience m'amène à penser que dans un système concurrentiel sur un marché mature (comme le sera Internet et le mobile en 2010), la différenciation se fait principalement sur le prix et l'innovation. Les offres convergentes grand public devront donc proposer l'équivalent des offres "dispatchées" en terme de service, mais à des prix bien plus bas (donc avec moins de marge). L'argument des marges n'est pas à mon sens le vrai débat.

Concernant l'augmentation des marges, la première possibilité est de s'orienter vers des produits haut de gamme qui touchent un public restreint mais argenté (type Porsche). Pour se permettre d'être plus chères, les offres convergentes devront donc permettre d'accèder à des services supplémentaires (type messagerie unifiée etc.).

L'autre possibilité est de faire baisser les prix de gros et notamment les coûts d'interconnexion vers les mobiles et les lignes fixes ainsi que l'abonnement de la ligne FT (qui est de 9 €/mois, ce qui veut dire que sur des offres Internet à 15 €/mois, la marge brute avant exploitation d'un FAI est de 6 €/mois!!). Ces baisses seront probablement arbitrées par le régulateur français ou européen.

Conclusion, dans un pays hyper régulé comme le notre, le développement des offres convergentes dependra, une fois de plus, en grande partie du bon vouloir de l'état-nation plutôt que par la libre concurrence. Heureusement; des acteurs comme Free permettent de stimuler plus sainement la concurrence par l'innovation et les prix et non pas par la régulation.

Cela n'est que mon humble avis.

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