Privés de WiFi public?

Publié le par Nicolas Pougnet

 

 Force est de constater que si l’usage du WiFi s'est largement démocratisé sur le marché résidentiel et entreprises, il n’en demeure pas moins encore une chimère sur les lieux publics.

 Pourtant, la France affiche un bel exemple en Europe et dans le monde en matière de réseaux et d’interopérabilité : 3° réseau hotspot derrière les USA et le Royaume-Uni, premier modèle associatif avec la création d’une coopération entre opérateurs débouchant sur une expérience roaming ergonomique (1), des campagnes de communication très ostentatoires chez Orange et SFR, sans compter sur le petit coup de pouce de l’état pour l’équipement informatique et wifi des étudiants (2)

Derrière cette « wifimania » de façade, il reste des freins importants à l’usage et des offres pas toujours en adéquation avec l’attente du public.

La menace de l’Internet gratuit.

Depuis toujours, le modèle communautariste Californien, qui cherchait à démocratiser Internet et favoriser le développement de modèles d’hébergement gratuit financé par la publicité et les dons, s’oppose au modèle payant des fournisseurs d’accès dont les coûts d’hébergement et de raccordement au réseau nécessitent une base client fidélisée et générant le plus haut ARPU (Average Revenue Per User).

En France, Free fut le premier à proposer des offres d’accès gratuites au bas débit en ne facturant que les communications, ce qui valut à nombre d’observateurs de s’interroger sur la rentabilité de cette offre. En cela, Free a anticipé le décollage du marché en misant sur le développement du haut débit et la migration de ses clients sur des offres payantes.

Un WiFi cannibale ?

Mais la vision des opérateurs historiques est bien différente devant la crainte de cannibalisation de leurs « vaches à lait ».

Cette prudence est toutefois de mise face à de nombreux services innovants qui ne trouvèrent jamais leur public dans le passé (le bibop reste une référence en la matière, le WAP ou encore la téléphonie fixe GSM…)

Dans ce contexte, le WiFi est venu remplir une actualité morose en 2002-2003 après les déboires de l’UMTS, sans que les opérateurs sachent évaluer l’adhésion possible du public à ce mode d’accès, ainsi que la maturité de cette technologie (roaming, sécurité…).

Toutefois, devant le lobbying décisif d’Intel et de Cisco, la décision fut prise par l’opérateur historique de faire d’une pierre, deux coups : développer la synergie de ses offres ADSL avec ses offres mobiles et verrouiller le marché du WiFi pour éviter toute cannibalisation sur ses offres 3G, même si la notion de complémentarité des réseaux a toujours été mise en avant par France Télécom.

La course au déploiement.

Devant les appétits suscités par le WiFi, la préemption des sites stratégiques fut essentielle : hôtels, centres de conférence, aéroports… avec parfois des concours de beauté pour les sites les plus prestigieux.

Mais le déploiement s’est accompagné d’une paranoïa sécuritaire (rarement justifiée) qui a conduit la majorité des utilisateurs à fermer leur accès public en utilisant des clefs de chiffrement et en ne diffusant pas le nom du réseau (SSID), rendant ainsi inaccessible l’accès au chaland.

Par opposition, les hotspots payants se sont développés pour atteindre un parc d’environ 10.000 aujourd’hui.

Le tarif moyen d’un de ces hotspots payants est de 7 euros de l’heure, à mettre en face des offres ADSL illimitées à 20 euros par mois et vous comprendrez pourquoi il est plus intéressant de faire du wifi chez soi plutôt qu’au café du coin.

Reste la clientèle d’affaires, pour la moitié des étrangers, qui relèvent leurs e-mails et téléchargent leur documents, et qui sont parfois surpris de payer si cher ½ heure de connexion.

Enfin, toujours pour des raisons de sécurité (également liées à une utilisation privée du propriétaire de site), certains ports et flux sont condamnés, ne permettant pas à l’utilisateur de télécharger en ftp ou d’utiliser certains outils de messaging, rendant ainsi la navigation basique et ennuyeuse.

Les nouveaux usages du WiFi public.

L’annonce, cet été, de l’accord entre Boingo (plus gros agrégateur de réseaux wifi dans le monde) et Skype inaugure la transportabilité des services IP sur les réseaux WLAN, avec pour gros avantage, par exemple, de diminuer les coûts des appels longue distance.

Une autre tendance avec les rumeurs de déploiement de la planète Google sur les réseaux WiFi, c’est l’arrivée des contenus géolocalisés sur les hotspots avec la possibilité d’adapter le contenu publicitaire au hotspot visité, créant une plus grande proximité avec le wifinaute.

Peut-on imaginer un modèle WiFi financé par la publicité ? Trop tôt pour le dire, mais ce modèle n’est sûrement pas encore envisagé par le macrocosme opérateur, omnipotent sur le haut débit.

   

(1) Voir le site www.wirelesslink.fr

(2) Plan micro-portable lancé par l’éducation nationale en Septembre 2004.

 

 

Publié dans WiFi - Wimax

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Ramiot 18/12/2005 16:20

Bonjour !
Toute la donne actuelle est chamboulée dans des proportion stupéfiantes, encore une fois grace à FREE qui le premier à offrir la téléphonie gratuite en France à tous ses abonnés, offre le premier maintenant la téléphonie gratuite à l'international sur 14 pays dont la Chine y compris les portables aux USA et au Canada ! pour les autres pays il baisse les tarifs jusqu'à 62% !

Que de chemin parcouru en seulement un an !